En tomate d'industrie, on irrigue pour le concentré, pas pour le poids.
L'usine paie la matière sèche autant que le tonnage. Un apport généreux jusqu'à la récolte gonfle le fruit d'eau que l'usine devra évaporer — et fait passer la parcelle au mauvais moment devant la machine.
L'essentiel, en trente secondes
Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.
| Ce qu'on regarde | Ordre de grandeur | Ce qui le fait varier chez vous |
|---|---|---|
| Besoin sur la campagne | 400 à 800 mm | Le climat et la durée du cycle. Besoin total, pluie comprise. |
| Coefficient cultural, pleine végétation | ≈ 1,15 | Environ 0,60 au départ, 1,15 en pleine végétation, 0,70 à 0,90 en fin de cycle. |
| Profondeur racinaire utile | 0,7 à 1,5 m | Le sol et le travail du lit. Plus profond qu'on ne le croit pour une culture annuelle. |
| Réserve mobilisable avant stress | ≈ 40 % | La demande du jour. Fraction intermédiaire : ni la fragilité de la salade, ni la tolérance de l'olivier. |
| Mode d'apport | Gaine de goutte-à-goutte, une par rang | L'écartement et la longueur des planches. |
| Fin de cycle | Arrêt progressif avant récolte | La date de passage de la machine et le taux de matière sèche visé. |
Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.
Ce que votre sol change, texture par texture
Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.
| Texture de votre sol | Réserve totale | Utilisable avant contrainte | Vitesse d'infiltration |
|---|---|---|---|
| Sable | 50 à 110 mm/m | 20 à 44 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Sable limoneux | 60 à 120 mm/m | 24 à 48 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Limon sableux | 110 à 150 mm/m | 44 à 60 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon | 130 à 180 mm/m | 52 à 72 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon fin | 130 à 190 mm/m | 52 à 76 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Silt | 160 à 200 mm/m | 64 à 80 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon argileux fin | 130 à 180 mm/m | 52 à 72 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile limoneuse | 130 à 190 mm/m | 52 à 76 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile | 120 à 200 mm/m | 48 à 80 mm/m | moins de 15 mm/h |
Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,40[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.
Trois choses décident avant vous
Deux objectifs qui ne vont pas dans le même sens
Le tonnage brut demande de l'eau jusqu'au bout. Le taux de matière sèche demande l'inverse en fin de cycle. L'arbitrage n'est pas technique, il est contractuel : il dépend de la façon dont votre usine paie. Le rôle du réseau est de rendre cet arbitrage possible — ce qui suppose de pouvoir couper proprement, secteur par secteur, à une date choisie.
La machine impose sa date, et la portance du sol
Une récolte mécanisée demande un sol portant. Un apport tardif, même justifié agronomiquement, peut rendre la parcelle impraticable le jour où la machine passe. La fin de campagne se pilote donc à deux contraintes : le fruit et le sol.
La gaine saisonnière, et ce qu'on en fait
Sur une culture annuelle récoltée mécaniquement, la gaine est en général posée pour une campagne. C'est un choix économique cohérent, mais il crée un flux de plastique annuel qu'il faut organiser — collecte, filière, coût. Autant l'intégrer au calcul dès le départ plutôt que de le découvrir après la récolte.
Quatre questions qui ne dépendent pas de ce que vous cultivez
Elles sont traitées une fois, en détail, plutôt que répétées sur chaque page. Les principes y sont les mêmes ; seuls les réglages changent.
Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.
Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.
D'où viennent les chiffres
Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.
- FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Tomate : Kc 0,60 au départ · 1,15 en pleine végétation · 0,70 à 0,90 en fin de cycle. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
- FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire de la tomate 0,7 à 1,5 m ; fraction de tarissement 0,40. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
- FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
- FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
- FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm