Le thé ne connaît pas de fin de cycle. C'est ce qui rend son irrigation particulière.
Une culture annuelle monte, culmine et redescend — son besoin suit. Le thé, lui, reste à un coefficient élevé et presque constant tant qu'on le cueille. Il n'y a pas de moment où relâcher.
L'essentiel, en trente secondes
Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.
| Ce qu'on regarde | Ordre de grandeur | Ce qui le fait varier chez vous |
|---|---|---|
| Coefficient cultural, hors ombrage | ≈ 0,95 à 1,00 | Il bouge à peine sur le cycle. C'est l'une des rares cultures, avec le gazon, à ne jamais redescendre. |
| Coefficient cultural, sous ombrage | ≈ 1,10 à 1,15 | L'ombrage augmente le besoin au lieu de le réduire : les arbres d'ombrage transpirent aussi. |
| Profondeur racinaire utile | 0,9 à 1,5 m | Le sol et l'âge de la plantation. |
| Réserve mobilisable avant stress | ≈ 40 % hors ombrage · ≈ 45 % sous ombrage | La demande du jour. Fraction modérée : le thé encaisse mal un assèchement marqué. |
| Hauteur de végétation | 1,5 m hors ombrage · 2 m sous ombrage | La conduite de la haie et la hauteur de cueillette. |
| Enjeu principal | La régularité de la pousse | C'est elle qui donne la cadence de cueillette, et la cadence fait le revenu. |
Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.
Ce que votre sol change, texture par texture
Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.
| Texture de votre sol | Réserve totale | Utilisable avant contrainte | Vitesse d'infiltration |
|---|---|---|---|
| Sable | 50 à 110 mm/m | 20 à 44 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Sable limoneux | 60 à 120 mm/m | 24 à 48 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Limon sableux | 110 à 150 mm/m | 44 à 60 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon | 130 à 180 mm/m | 52 à 72 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon fin | 130 à 190 mm/m | 52 à 76 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Silt | 160 à 200 mm/m | 64 à 80 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon argileux fin | 130 à 180 mm/m | 52 à 72 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile limoneuse | 130 à 190 mm/m | 52 à 76 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile | 120 à 200 mm/m | 48 à 80 mm/m | moins de 15 mm/h |
Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,40 hors ombrage ; 0,45 sous ombrage[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.
Trois choses décident avant vous
Une culture qui ne se repose jamais
Le coefficient cultural du thé ne descend pas en fin de saison parce qu'il n'y a pas de fin de saison : tant que la haie pousse, elle transpire, et tant qu'elle transpire on cueille. Cette particularité le rapproche davantage d'un gazon de sport que d'un verger. Conséquence pratique : un programme d'irrigation qui décroît en fin de campagne, comme on le ferait sur une culture annuelle, se trompe pendant des mois.
L'ombrage augmente le besoin, il ne le réduit pas
C'est contre-intuitif, et les tables le disent clairement : le thé conduit sous arbres d'ombrage affiche un coefficient supérieur d'environ quinze pour cent à celui du thé en plein soleil. L'ombrage protège la feuille et régule la température, mais les arbres consomment eux aussi. Si votre plantation est ombragée, l'estimation faite sur un barème « plein soleil » sous-évalue l'apport.
La cueillette est le juge
Sur une culture annuelle, l'erreur se voit à la récolte. Ici elle se voit toutes les deux ou trois semaines, sur le poids et la qualité de la levée. C'est un avantage : le retour d'information est rapide, et un pilotage bien réglé se constate en une saison. C'est aussi une exigence, parce qu'un défaut se répète à chaque cycle de cueillette jusqu'à ce qu'on le corrige.
Quatre questions qui ne dépendent pas de ce que vous cultivez
Elles sont traitées une fois, en détail, plutôt que répétées sur chaque page. Les principes y sont les mêmes ; seuls les réglages changent.
Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.
Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.
D'où viennent les chiffres
Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.
- FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Thé : Kc 0,95 à 1,00 hors ombrage · 1,10 à 1,15 sous ombrage · hauteur 1,5 m hors ombrage, 2 m sous ombrage. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
- FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire du thé 0,9 à 1,5 m ; fraction de tarissement 0,40 hors ombrage, 0,45 sous ombrage. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
- FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
- FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
- FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm