Sous pivot, la régularité de votre machine devient la régularité de votre rendement.
Le blé descend loin et supporte un assèchement marqué — c'est une culture clémente. Ce qui ne l'est pas, c'est le matériel : une pression mal tenue sur une rampe de plusieurs centaines de mètres se traduit en bandes de rendement visibles à la moisson.
L'essentiel, en trente secondes
Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.
| Ce qu'on regarde | Ordre de grandeur | Ce qui le fait varier chez vous |
|---|---|---|
| Besoin sur la campagne | 450 à 650 mm | Le climat et le type. Besoin total, pluie comprise. |
| Coefficient cultural, pleine végétation | ≈ 1,15 | Environ 0,40 à la levée sur sol gelé, 0,70 sur sol non gelé, 1,15 au maximum de couverture. |
| Profondeur racinaire utile | 1,5 à 1,8 m en blé d'hiver · 1,0 à 1,5 m au printemps | Le sol et l'absence de semelle. Le blé d'hiver descend nettement plus bas. |
| Réserve mobilisable avant stress | ≈ 55 % | La demande du jour. Fraction élevée : le blé encaisse bien un assèchement progressif. |
| Hauteur de végétation | ≈ 1 m | Elle autorise les rampes descendues, donc les faibles pertes. |
| Stade critique | Épiaison et remplissage du grain | Le nombre d'épis se fixe avant, le poids du grain se fait là. |
Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.
Ce que votre sol change, texture par texture
Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.
| Texture de votre sol | Réserve totale | Utilisable avant contrainte | Vitesse d'infiltration |
|---|---|---|---|
| Sable | 50 à 110 mm/m | 28 à 61 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Sable limoneux | 60 à 120 mm/m | 33 à 66 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Limon sableux | 110 à 150 mm/m | 61 à 82 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon | 130 à 180 mm/m | 72 à 99 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon fin | 130 à 190 mm/m | 72 à 105 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Silt | 160 à 200 mm/m | 88 à 110 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon argileux fin | 130 à 180 mm/m | 72 à 99 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile limoneuse | 130 à 190 mm/m | 72 à 105 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile | 120 à 200 mm/m | 66 à 110 mm/m | moins de 15 mm/h |
Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,55[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.
Trois choses décident avant vous
Une culture clémente sur un matériel qui ne l'est pas
Avec un mètre cinquante de racines et plus de la moitié de la réserve mobilisable, le blé traverse des séquences sèches sans dommage. L'essentiel des écarts de rendement observés sous pivot ne vient donc pas de la plante, mais de la machine : une pression qui descend sous la valeur nominale, un régulateur bouché, un asperseur cassé. La parcelle reçoit alors des doses très différentes d'un rayon à l'autre, sans que rien ne l'indique depuis la cabine.
Le choix du paquet de buses se paie tous les jours
Sur pivot, la hauteur à laquelle l'eau est libérée décide de ce qui atteint le sol. Un matériel en haut de rampe expose l'eau à l'air ; une rampe descendue la dépose presque au sol. L'écart de pertes entre ces deux configurations est considérable, et il se paie en eau et en énergie de pompage à chaque tour, pendant toute la vie de la machine.
Contrôler la pression, pas seulement l'heure de départ
Le réglage le plus rentable en blé sous pivot n'est pas le calendrier : c'est la vérification régulière de la pression en bout de rampe. C'est un relevé de quelques minutes, à faire toutes les une ou deux semaines, et c'est celui qui explique le plus grand nombre de défauts d'uniformité.
Quatre questions qui ne dépendent pas de ce que vous cultivez
Elles sont traitées une fois, en détail, plutôt que répétées sur chaque page. Les principes y sont les mêmes ; seuls les réglages changent.
Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.
Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.
D'où viennent les chiffres
Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.
- FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Blé : Kc 0,40 à la levée sur sol gelé, 0,70 sur sol non gelé · 1,15 au maximum de couverture · hauteur ≈ 1 m. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
- FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire du blé 1,5 à 1,8 m en blé d'hiver, 1,0 à 1,5 m au printemps ; fraction de tarissement 0,55. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
- FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
- FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
- FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm