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Bibliothèque des cultures — Arboriculture

Un verger se dimensionne pour l'arbre qu'il sera dans quinze ans.

Le réseau que vous posez sur une jeune plantation devra alimenter une couronne trois fois plus large. Un dimensionnement calé sur l'arbre d'aujourd'hui est un réseau à refaire, et on ne refait pas un réseau dans un verger en production.

Pommier, poirier, cerisier, noyer
Goutte-à-goutte ou micro-aspersion
Antigel
France · Belgique
Pour aller vite

L'essentiel, en trente secondes

Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.

Ce qu'on regardeOrdre de grandeurCe qui le fait varier chez vous
Coefficient cultural, pleine végétation≈ 0,95 en pommier, poirier, cerisier · ≈ 1,10 en noyerLe stade, la couverture du sol et l'enherbement du rang.
Profondeur racinaire utile1,0 à 2,0 m en pépins · 1,7 à 2,4 m en noyerLe porte-greffe d'abord, puis le sol. Le noyer descend plus loin que presque tout le reste.
Réserve mobilisable avant stress≈ 50 %La demande du jour. Fraction confortable : l'arbre encaisse mieux qu'un légume.
Hauteur de végétation4 m en pépins · 4 à 5 m en noyerL'espèce et la conduite. Elle décide de la faisabilité de la micro-aspersion.
Mode d'apportGoutte-à-goutte ou micro-aspersionLa largeur de couronne à mouiller, et l'usage antigel éventuel.
Enjeu particulierLa protection antigelElle ne se décide pas après coup : elle change le débit de pointe et donc toute la tête de réseau.

Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.

Et chez vous

Ce que votre sol change, texture par texture

Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.

Texture de votre solRéserve totaleUtilisable avant contrainteVitesse d'infiltration
Sable50 à 110 mm/m25 à 55 mm/mplus de 50 mm/h
Sable limoneux60 à 120 mm/m30 à 60 mm/mplus de 50 mm/h
Limon sableux110 à 150 mm/m55 à 75 mm/m15 à 50 mm/h
Limon130 à 180 mm/m65 à 90 mm/m15 à 50 mm/h
Limon fin130 à 190 mm/m65 à 95 mm/m15 à 50 mm/h
Silt160 à 200 mm/m80 à 100 mm/m15 à 50 mm/h
Limon argileux fin130 à 180 mm/m65 à 90 mm/mmoins de 15 mm/h
Argile limoneuse130 à 190 mm/m65 à 95 mm/mmoins de 15 mm/h
Argile120 à 200 mm/m60 à 100 mm/mmoins de 15 mm/h

Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,50[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.

Ce que ce tableau apprend et qu'on récite à l'envers. L'argile ne rend pas plus d'eau que le silt. Elle en retient davantage, mais elle la garde trop fort pour que la plante la prenne. L'échelle « sable, limon, argile » est vraie en bas et fausse en haut.
Ce que cette culture impose

Trois choses décident avant vous

Le réseau doit anticiper la couronne adulte

Une jeune plantation se contente d'un ou deux goutteurs par arbre. Un verger adulte demande de mouiller une bande bien plus large, sous peine de concentrer les racines dans un volume qui ne porte plus l'arbre. On dimensionne donc les conduites et la tête de réseau pour l'arbre adulte, quitte à n'équiper les lignes que progressivement. L'inverse — poser petit et vouloir grossir ensuite — impose de rouvrir le rang.

Goutte-à-goutte ou micro-aspersion, et pourquoi

Le goutte-à-goutte consomme le moins et se contrôle facilement. La micro-aspersion mouille une surface plus large, ce qui convient aux sols filtrants où le bulbe ne s'étale pas, et elle ouvre la possibilité de l'antigel. En contrepartie, elle expose l'eau à l'air — les pertes sont d'un tout autre ordre. Le choix se fait sur le sol et sur le risque de gel, pas sur une préférence.

L'antigel n'est pas une option qu'on ajoute

Protéger par aspersion demande un débit instantané sans rapport avec l'irrigation courante, et sans interruption pendant toute la durée du gel. Si cette fonction est envisagée un jour, elle doit figurer dans le dimensionnement initial : pompe, conduites, réserve. L'ajouter plus tard revient presque toujours à refaire la tête de réseau.

Le point qu'on découvre trop tard. Un verger est un investissement de quinze à vingt-cinq ans posé sur un réseau qu'on ne peut plus modifier sans arracher. La dépense d'étude est marginale au regard de la plantation — c'est pourtant l'étape qu'on abrège le plus souvent.
Et maintenant

Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.

Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.

Références

D'où viennent les chiffres

Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.

  1. FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Kc pleine végétation : pommier, poirier, cerisier 0,95 · noyer 1,10. Hauteur 4 m en pépins, 4 à 5 m en noyer. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
  2. FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire 1,0 à 2,0 m en pépins, 1,7 à 2,4 m en noyer ; fraction de tarissement 0,50. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
  3. FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
  4. FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
  5. FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm
Base de données neutralisée pour les tests : aucun e-mail envoyé, etc.
Neutralisé