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Bibliothèque des cultures — Maïs

En maïs, tout se joue sur trois semaines.

La floraison et la fécondation concentrent la sensibilité de toute la campagne. Un déficit à ce moment coûte des grains qui ne se formeront jamais ; le même déficit un mois plus tôt ne laisse presque aucune trace.

Grain et fourrage
Pivot, enrouleur ou goutte-à-goutte enterré
Floraison décisive
Belgique · France · Malawi
Pour aller vite

L'essentiel, en trente secondes

Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.

Ce qu'on regardeOrdre de grandeurCe qui le fait varier chez vous
Besoin sur la campagne500 à 800 mmLe climat et la précocité. Besoin total, pluie comprise.
Coefficient cultural, pleine végétation≈ 1,20 en grainLe stade et le type. Environ 0,30 à la levée, 1,20 au maximum de couverture.
Profondeur racinaire utile1,0 à 1,7 mLe sol et l'absence de semelle de labour. C'est une culture qui descend loin quand on la laisse faire.
Réserve mobilisable avant stress≈ 55 %La demande du jour. Fraction élevée : le maïs supporte un assèchement plus marqué que la pomme de terre.
Hauteur de végétation≈ 2 mLe type. Elle conditionne le choix de la rampe et la hauteur des buses.
Stade critiqueFloraison et fécondationC'est là que se fixe le nombre de grains. Le reste du cycle pardonne davantage.

Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.

Et chez vous

Ce que votre sol change, texture par texture

Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.

Texture de votre solRéserve totaleUtilisable avant contrainteVitesse d'infiltration
Sable50 à 110 mm/m28 à 61 mm/mplus de 50 mm/h
Sable limoneux60 à 120 mm/m33 à 66 mm/mplus de 50 mm/h
Limon sableux110 à 150 mm/m61 à 82 mm/m15 à 50 mm/h
Limon130 à 180 mm/m72 à 99 mm/m15 à 50 mm/h
Limon fin130 à 190 mm/m72 à 105 mm/m15 à 50 mm/h
Silt160 à 200 mm/m88 à 110 mm/m15 à 50 mm/h
Limon argileux fin130 à 180 mm/m72 à 99 mm/mmoins de 15 mm/h
Argile limoneuse130 à 190 mm/m72 à 105 mm/mmoins de 15 mm/h
Argile120 à 200 mm/m66 à 110 mm/mmoins de 15 mm/h

Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,55[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.

Ce que ce tableau apprend et qu'on récite à l'envers. L'argile ne rend pas plus d'eau que le silt. Elle en retient davantage, mais elle la garde trop fort pour que la plante la prenne. L'échelle « sable, limon, argile » est vraie en bas et fausse en haut.
Ce que cette culture impose

Trois choses décident avant vous

Un enracinement profond, et une vraie tolérance

Un à un mètre soixante-dix de racines utiles, et plus de la moitié de la réserve mobilisable avant que la plante ne souffre : le maïs est bien armé. C'est ce qui explique qu'il traverse des séquences sèches sans dommage visible — tant qu'elles ne tombent pas au mauvais moment.

La fenêtre qui ne pardonne pas

Autour de la floraison, la plante fixe le nombre de grains par épi. Une contrainte hydrique à ce stade se traduit directement en grains avortés, et aucun apport ultérieur ne les récupère. C'est la raison pour laquelle, quand l'eau est comptée, on la réserve à cette fenêtre plutôt que de l'étaler uniformément sur la campagne.

Le mode d'apport change tout sur la facture

En maïs, le choix se fait souvent entre enrouleur, pivot et goutte-à-goutte enterré. Ce choix ne porte pas seulement sur l'investissement : il porte sur ce qui arrive réellement au sol. Les écarts de pertes entre ces modes sont considérables, et ils se paient chaque saison en eau et en énergie pompée.

Un mètre soixante-dix de racines, à condition qu'on les laisse descendre. Une semelle de labour, un tassement de récolte, et la profondeur utile tombe de moitié sans que rien ne se voie en surface. La réserve sur laquelle vous comptiez n'existe plus, et le pilotage calculé dessus est faux.
Et maintenant

Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.

Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.

Références

D'où viennent les chiffres

Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.

  1. FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Maïs : Kc 0,30 à la levée · 1,20 en grain au maximum de couverture · hauteur ≈ 2 m. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
  2. FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire du maïs 1,0 à 1,7 m ; fraction de tarissement 0,55. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
  3. FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
  4. FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
  5. FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm
Base de données neutralisée pour les tests : aucun e-mail envoyé, etc.
Neutralisé