Un grand arbre toujours vert, et pourtant l'un des coefficients les plus bas des tables.
C'est le contraire de ce que l'œil suggère. L'agrume ferme ses stomates bien avant les autres espèces : il consomme moins qu'un verger à feuilles caduques de taille comparable. Et il supporte le sel beaucoup moins bien que son voisin de parcelle, le dattier.
L'essentiel, en trente secondes
Des ordres de grandeur pour situer un projet — jamais un dimensionnement. La colonne de droite est la plus importante : c'est elle qui dit ce qui, chez vous, fera bouger le chiffre.
| Ce qu'on regarde | Ordre de grandeur | Ce qui le fait varier chez vous |
|---|---|---|
| Coefficient cultural, sans couvert végétal | ≈ 0,65 à 0,70 | La couverture du sol. C'est un coefficient bas pour un arbre de cette taille — il régule fortement. |
| Coefficient cultural, avec couvert enherbé | ≈ 0,70 à 0,75 | L'enherbement du rang consomme, lui aussi. Il change l'estimation de près de dix pour cent. |
| Profondeur racinaire utile | 1,2 à 1,5 m à 70 % de couverture | La fraction de couronne. À 20 % de couverture, elle tombe à 0,8–1,1 m. |
| Réserve mobilisable avant stress | ≈ 50 % | La demande du jour. |
| Hauteur de végétation | ≈ 4 m | La conduite et le porte-greffe. |
| Sensibilité au sel | Élevée | L'une des familles les plus sensibles. Une eau acceptable pour un dattier ne l'est pas ici. |
Coefficients culturaux et hauteurs de végétation : FAO-56 table 12[1]. Profondeurs racinaires et fractions de tarissement : FAO-56 table 22[2]. Besoins saisonniers : FAO Crop water needs table 5[3]. Le détail des références figure en bas de page.
Ce que votre sol change, texture par texture
Le tableau précédent décrit la plante. Celui-ci décrit votre parcelle — et c'est leur croisement qui donne une réponse. Trouvez votre texture, lisez la réserve dont vous disposez réellement.
| Texture de votre sol | Réserve totale | Utilisable avant contrainte | Vitesse d'infiltration |
|---|---|---|---|
| Sable | 50 à 110 mm/m | 25 à 55 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Sable limoneux | 60 à 120 mm/m | 30 à 60 mm/m | plus de 50 mm/h |
| Limon sableux | 110 à 150 mm/m | 55 à 75 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon | 130 à 180 mm/m | 65 à 90 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon fin | 130 à 190 mm/m | 65 à 95 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Silt | 160 à 200 mm/m | 80 à 100 mm/m | 15 à 50 mm/h |
| Limon argileux fin | 130 à 180 mm/m | 65 à 90 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile limoneuse | 130 à 190 mm/m | 65 à 95 mm/m | moins de 15 mm/h |
| Argile | 120 à 200 mm/m | 60 à 100 mm/m | moins de 15 mm/h |
Réserve totale : FAO-56 table 19, écart entre capacité au champ et point de flétrissement par classe de texture[4]. Colonne utilisable : cette réserve multipliée par la fraction mobilisable de la culture — ici 0,50[2]. Vitesses d'infiltration : FAO, Irrigation Water Management[5]. Valeurs par mètre de sol réellement exploré par les racines : multipliez par votre profondeur utile.
Trois choses décident avant vous
Un coefficient bas, et c'est une bonne nouvelle
Les tables donnent à l'agrume un coefficient autour de 0,65 à 0,70 alors qu'il s'agit d'un arbre de quatre mètres à feuillage persistant. La raison est physiologique : il ferme ses stomates tôt dans la journée et limite sa transpiration. Conséquence pratique, une estimation faite « au feeling », par analogie avec un verger de pommiers, surestime nettement le besoin — et l'excès d'eau en agrumes ne fait pas que coûter, il asphyxie les racines.
L'enherbement du rang n'est pas neutre
Un rang enherbé apporte de la portance, limite l'érosion et facilite les passages. Il consomme aussi. Les tables distinguent explicitement les deux cas, avec un écart de l'ordre de dix pour cent. Ce n'est pas énorme, mais sur une campagne entière et sur un poste de pompage, ça se voit — et surtout, oublier de le compter fausse le calcul dans le mauvais sens.
Le sel : l'inverse du dattier, sur la parcelle voisine
Dans les régions où les deux se côtoient, la même eau ne convient pas aux deux. Le dattier compte parmi les espèces les plus tolérantes au sel ; l'agrume parmi les plus sensibles. Un réseau conçu pour l'un ne se transpose pas à l'autre, et la fraction de lessivage à prévoir n'a rien de comparable. C'est une erreur que nous voyons, et elle se paie en arbres.
Quatre questions qui ne dépendent pas de ce que vous cultivez
Elles sont traitées une fois, en détail, plutôt que répétées sur chaque page. Les principes y sont les mêmes ; seuls les réglages changent.
Ces ordres de grandeur suffisent à poser les bonnes questions. Pas à dimensionner un réseau.
Envoyez-nous votre plan de parcelle et votre analyse d'eau : nous revenons avec un dimensionnement. Et si vous voulez seulement vérifier une référence avant de commander, appelez — c'est gratuit et sans engagement.
D'où viennent les chiffres
Chaque valeur de cette page provient de l'une de ces sources. Aucune n'a été estimée, arrondie ni déduite. Là où la source est muette, la page le dit plutôt que de combler.
- FAO, Irrigation and Drainage Paper 56 — Crop evapotranspiration, table 12. Agrumes : Kc 0,65 à 0,70 sans couvert végétal · 0,70 à 0,75 avec couvert enherbé · hauteur ≈ 4 m. — fao.org/4/x0490e/x0490e0b.htm
- FAO, Paper 56, table 22. Profondeur racinaire des agrumes 1,2 à 1,5 m à 70 % de couverture, 0,8 à 1,1 m à 20 % ; fraction de tarissement 0,50. Correction selon la demande : p = ptable + 0,04 (5 − ETc), bornée entre 0,1 et 0,8. — fao.org/4/x0490e/x0490e0e.htm
- FAO, Crop water needs, table 5. Ne comporte pas de ligne vigne ; donne pomme de terre 500 à 700 mm, tomate 400 à 800 mm, maïs 500 à 800 mm, canne à sucre 1500 à 2500 mm — matière pour les autres pages de la bibliothèque. — fao.org/4/s2022e/s2022e02.htm
- FAO, Paper 56, table 19, « Typical soil water characteristics for different soil types ». Écart entre capacité au champ et point de flétrissement, par classe de texture — de 0,05–0,11 m³/m³ en sable à 0,12–0,20 en argile. C'est cet écart, multiplié par mille et par la profondeur racinaire, qui donne la réserve en millimètres. — fao.org/4/X0490E/x0490e0c.htm
- FAO, Irrigation Water Management — Soil and Water. Réserve utile simplifiée : sable 25 à 100 mm/m, limon 100 à 175, argile 175 à 250. Vitesses d'infiltration : moins de 15 mm/h, 15 à 50, plus de 50 selon le sol. — fao.org/4/r4082e/r4082e03.htm